Blog des ateliers d’écriture de La Page et la chambre

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Bienvenue sur le blog de l’espace littéraire des ateliers d’écriture de La Page et la chambre !

« Chaque œuvre à faire a sa poétique en soi, qu’il faut trouver »

Gustave Flaubert, Correspondances

« On ne peut pas écrire sans style. Sans lui, il n’y a rien ; il nous dit ce que voit l’écrivain, comment il parle. Le style est le point de vue de l’écrivain sur le monde, sa façon de le comprendre, sa voix. » 

Ursula K Le Guin, Le Langage de la nuit

 

Sixième saison des ateliers de la rue Nationale

Notre rendez-vous : le mardi, à 18 heures, une fois tous les quinze jours

L’atelier meurt, mais ne se rend pas ! Pour la seconde année consécutive, l’atelier d’écriture de l’association La Page et la chambre est en grande difficulté. Les participants, hélas, sont de moins en moins nombreux, et les nouveaux n’affluent pas. Mais quelques fidèles persévèrent et, sans eux, je n’aurais pas le plaisir de continuer à animer ces moments d’échange et de convivialité, ni bien sûr de chercher, tous les quinze jours, une proposition d’écriture inédite pour leur donner à expérimenter une façon nouvelle de faire. Merci aux piliers de l’atelier pour leur présence assidue ! Ce blog est leur espace de publication des textes qu’ils écrivent sur les propositions que leur amitié m’inspire, mais aussi des textes qu’ils écrivent hors atelier – il m’arrive aussi, de loin en loin, d’en publier un pour le plaisir de l’échange.

Parallèlement, le nombre des abonnés du blog a explosé, signe que les textes qui sont présentés ici ne laissent pas indifférents les lecteurs. Alors plutôt que de nous morfondre, réjouissons-nous. Et attendons patiemment que les Nîmois ou Gardois nous rejoignent pour renforcer le groupe et nous / vous faire découvrir de nouvelles voix. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. 

Brice Auffoy 

 

 

 

 

Publié dans Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

Jeu de fléchettes

Sa gaule naissante vira braquemart turgescent le temps de le dire, à la vitesse folle d’une flèche en plein vol, à tel point qu’on put presque distinguer en fin de course le bruit caractéristique d’une cible atteinte. Schtong ! Belelelele ! Lire la suite

Publié dans 04.2 Les doigts au fond des yeux | Laisser un commentaire

Comment conserver l’oseille.

Pour l’oseille bien fraîche garder sous l’oreiller, se prémunir de dire que l’on en possède. Si quelqu’un vient et demande de l’aide, rappelez-lui qu’il faut suer et transpirer pour la gagner. Même si certains l’ont par héritage ou sont de parfaits rentiers. C’est une manière efficace pour les gêneurs éconduire.

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Publié dans Hors atelier | 2 commentaires

Escargot

Chaque réveil, en lieu et place de mon reflet dans le miroir, l’image d’un escargot tout cuit, refermé et indéfini. C’est celle que j’ai de moi.

Il s’agit de me constituer au plus vite une coquille, d’enfiler des lunettes plastifiées, un costard amidonné, afin de prêter des limites à mes cernes, à mon corps. Dès les premières réunions de la matinée, je me rétracte derrière un langage empesé. À cette heure, le seul remontant que je m’accorde, c’est la carafe de café, et pas plus d’une par heure. Dans tel état de faiblesse, il est de perfides collaborateurs qui n’hésitent pas à vous asséner les questions qui désarçonnent et vous font sentir au fond de vous la fragilité de vos infâmes corolles gélatineuses.

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Publié dans 03.1 Le servage | Laisser un commentaire

« Je » n’est plus

Elle se dit “je”, “je suis là, mes pieds, ma tête et tout le reste entre les deux” et se demande quand a-t-elle pu commencer à se dire “je”. Avant le “je” ce devait être différent avec ses pieds, sa tête et tout le reste. Un truc indéfini. Là sans être elle, sans “je”. La tête qui tourne ce devait être le monde extérieur qui tourne. Pas elle. Les pieds qui s’agitent devant les yeux ce devait être un spectacle fascinant, des pieds sans histoire commune avec elle.

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Publié dans 03. Sensibleries | Laisser un commentaire

La bête

Un bouclier de seins, de ventres, d’ongles coupés en pointe, de pieds arc-boutés, de poings serrés, de fronts durcis, de dents, beaucoup de dents, les siennes parmi les autres, une masse de femmes jeunes, vieilles, sans âge, musclées, sèches, rondes, fripées, trapues, bancales, élancées, campées, peaux sombre, petites, déformées, affaissées, peaux laiteuses, lisses, très grandes, cicatrices sur le ventre, poilues, cheveux courts, hanches saillantes, ongles rouges, tatouées, tignasses hirsutes, molaires en métal, chignons tressés, lèvres pulpées au botox, des rides, beaucoup de rides, autour des bouches grimaçantes, de rage, elle parmi les autres, faire masse, mur de chair et d’os, transpirer collée aux autres, gueuler et trouver la force dans le cri des autres, celui des gorges offertes à la morsure de la Bête.

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Publié dans Hors atelier | 2 commentaires

Plafond de verre

Longtemps je me suis couché de bonne heure, ayant trop peur de gâcher ces journées auxquelles je m’étais bien souvent éreinté à donner une certaine substance.

M’en expliquant un jour à un ami, celui-ci me confia qu’il avait toujours ressenti chez moi un trop grand respect pour mon plafond de verre personnel. « Comment veux-tu aller au-delà de tes journées si tu t’empêches ainsi d’aller au-delà de toi ? ».

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Publié dans 03. Sensibleries, Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

Centaure

(contexte : la narratrice vit en colocation avec un centaure qui s’appelle Iul. Ils veulent devenir riches)

Allongé sur le tapis, Iul rejetait en boucle ses dés divinatoires de bois et de pierre ; j’avais appuyé ma tête contre son flanc, son flanc de cheval, pas sa hanche humaine, et je m’étais étendue à mon tour. J’avais posé la plante de mes pieds contre le mur, les jambes relevées et légèrement pliées, comme si je cherchais à le repousser et du même coup à agrandir la pièce. Nos corps formaient un angle à quatre vingt dix degrés.

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Publié dans 02. Le point aveugle, Saison 6 (2020-2021) | 2 commentaires

Le beau paquet

An unidentifed group of young poeple celebrate outside the boarded-up Stonewall Inn (53 Christopher Street) after riots over the weekend of June 27, 1969. The bar and surrounding area were the site of a series of demonstrations and riots that led to the formation of the modern gay rights movement in the United States. (Photo by Fred W. McDarrah/Getty Images)

« Dis, t’en as un beau paquet !… », que je lui fis. Je venais de le rencontrer, s’agissait de s’adonner d’abord aux compliments.

« Un cadeau de mon père… », fit-il remarquer, se secouant l’entrejambe.

« Mais non, gros bêta, je parlais de l’autre, suspendu à ta hanche ! ». C’était toujours pareil avec ces gros bêtas-là, un paquet ne se concevait au premier abord qu’empaqueté dans un caleçon. Lire la suite

Publié dans 01. Forme vs Fonds, Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

Articles saison 6 à venir

Publié dans 02. Le point aveugle, 04. Eloges, 04.2 Les doigts au fond des yeux, 04.3 Gadgets technologiques, Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

Prolongement des barreaux

Les barreaux ont un espacement de quelques centimètres, aucune tête ne peut nourrir l’espoir d’une liberté entre deux d’entre eux, alors un être… Lire la suite

Publié dans Saison 5 (2019-2020) | 1 commentaire