Blog des ateliers d’écriture de La Page et la chambre

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Bienvenue sur le blog de l’espace littéraire des ateliers d’écriture de La Page et la chambre !

« Chaque œuvre à faire a sa poétique en soi, qu’il faut trouver »

Gustave Flaubert, Correspondances

« On ne peut pas écrire sans style. Sans lui, il n’y a rien ; il nous dit ce que voit l’écrivain, comment il parle. Le style est le point de vue de l’écrivain sur le monde, sa façon de le comprendre, sa voix. » 

Ursula K Le Guin, Le Langage de la nuit

 

Sixième saison des ateliers de la rue Nationale

Notre rendez-vous : le mardi, à 18 heures, une fois tous les quinze jours

L’atelier meurt, mais ne se rend pas ! Pour la seconde année consécutive, l’atelier d’écriture de l’association La Page et la chambre est en grande difficulté. Les participants, hélas, sont de moins en moins nombreux, et les nouveaux n’affluent pas. Mais quelques fidèles persévèrent et, sans eux, je n’aurais pas le plaisir de continuer à animer ces moments d’échange et de convivialité, ni bien sûr de chercher, tous les quinze jours, une proposition d’écriture inédite pour leur donner à expérimenter une façon nouvelle de faire. Merci aux piliers de l’atelier pour leur présence assidue ! Ce blog est leur espace de publication des textes qu’ils écrivent sur les propositions que leur amitié m’inspire, mais aussi des textes qu’ils écrivent hors atelier – il m’arrive aussi, de loin en loin, d’en publier un pour le plaisir de l’échange.

Parallèlement, le nombre des abonnés du blog a explosé, signe que les textes qui sont présentés ici ne laissent pas indifférents les lecteurs. Alors plutôt que de nous morfondre, réjouissons-nous. Et attendons patiemment que les Nîmois ou Gardois nous rejoignent pour renforcer le groupe et nous / vous faire découvrir de nouvelles voix. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. 

Brice Auffoy 

 

 

 

 

Publié dans Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

Magny-Lès-Aubigny, 1948

Toutes ces persoCette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est magny-aubigny_5d32f75f43ef0.jpgnnes que je ne verrai plus me procurent un immense vertige, le vide qu’elles laissent tourne sur lui-même. Ou est-ce l’addition des morts qui n’en finit plus d’augmenter son résultat ? Ceux qui sont morts d’avoir vécu terrassent en nombre ceux qui vivent et il ne faut pas se fier au temps pour arranger les comptes. Mais cela ne tient peut-être qu’à soi de se préserver un peu de vie sous la dent. Et pourquoi ne pas manger les vivants pour qu’ils survivent en nous ? Lire la suite

Publié dans 11. Ecrire depuis son enfance, Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

L’Éternité moins ton jour

Une flamme noire que le vent malmène.

Une robe noire un coup flip, un coup flap, sous des assauts venus du Nord et du Sud, de l’Ouest et de l’Est, d’un zéphyr sacrément versatile.

Un fantôme hurle et pénètre dans l’embouchure de sa propre voix : c’est un fantôme plus russe encore que la poupée, sous son plus petit filet court encore la puissance de l’Éternité. Lire la suite

Publié dans 10. L'incurable infirmité du monde, Saison 6 (2020-2021) | 6 commentaires

Entre règles et relativité

C’est à un endroit de la vallée de l’Ouche où sa plaine s’élargit en une permanente monotonie que Monsieur Pierre rend bel hommage à ces dames.

L’entrée du château de Monsieur Pierre dans le dos, laissez aller vos pas au-delà des dépendances, puis levez la tête. Quelques bergeronnettes vous siffleront la bonne direction et, après trois amples brassées de leurs ailes tout au plus, feront traîner de langoureux trilles au contact de leurs pattes posées sur les produits d’un champ par moi bichonné : de frêles salades duveteuses, disséminées çà et là par une germination hasardeuse, ouvrent leurs petites et grandes corolles timidement afin de ne pas risquer regarder trop droit les yeux implacables du soleil. Lire la suite

Publié dans 06.5 A la mode de chez nous | Laisser un commentaire

Le Grand Maître du jeu

Sa fille entra, poussée par Justine, la gouvernante de maison au visage si angélique. Son fauteuil roulant à assise de bois rivalisa de grincement avec le parquet. Tout ce bois qui soutenait sa fille rendait par contraste plus fragile encore son frêle corps torturé par cet accident jadis et… Lire la suite

Publié dans 08. 7 Le grand maître | Laisser un commentaire

Base de patate douce

« Bon dieu, tu es un savant mélange de chieuse et de pisseuse ! Et il a fallu que je tombe sur toi…

  • Un massage, je ne demande tout de même qu’un massage !

  • Mais que t’ai-je fait, Sainte Déesse de la créativité ?…

  • Et avec de l’huile, mon chéri, mon corps glissera mieux entre tes doigts…

  • Non ! J’ai à faire, à écrire !

  • Écrire, toujours écrire… L’huile est dans la salle de bains, mon chéri ! »

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Publié dans 03.1 Le servage | 5 commentaires

Au crépuscule

… dans le même instant noua ses mains au cou du premier serveur que la fonction avait placé à sa proximité, s’y balança afin d’y suspendre le temps. Elle éclata tout naturellement de son propre rire d’enfant, mais la balançoire suspendue à la plus grosse branche de l’arbre dans ses souvenirs éclata aussitôt de sa propre disgrâce et l’arbre entier se déracina. Elle se laissa glisser au sol, pas plus qu’une étoffe inutile au serveur. Lire la suite

Publié dans 09.8 Textes prophétiques | Laisser un commentaire

Le conducteur de la grosse voiture à grosses roues

J’ai une grosse voiture à grosses roues. Avec, je roule sur tout, vroum !, sur les animaux, les gens, les vieilles surtout, avec leurs vieilles cannes et leurs vieilles lunettes. C’est génial, les grosses roues, ça fait tout craquer. C’est drôle ! Je fais les cris à leur place, je fais les « crac » à la place de leurs os. Lire la suite

Publié dans 09. Ecrire-réécrire | 1 commentaire

Inquisit

Ses habits sont d’un seul tissu de désespoir ; guise de fruits, une seule pourriture le fait ployer direction du sol. Attiré vers l’avant par le poids de ce qui le décompose, sans qu’il ne s’en écroule jamais pour autant, notre homme accélère à intensité toujours plus grandissante. Lire la suite

Publié dans 08. Questions d'identités | Laisser un commentaire

Introspection de Janvier

Je devenais con. Je ne sais pas à quel moment j’ai basculé. Si cela a été progressif, ce fut somme toute rapide. Cette idée m’est apparue dernièrement avec une grande clarté, avec toute la clarté dont mon esprit de con était encore capable.

Je me mis alors à observer ma pensée avec une grande minutie. Ma pensée de con. Je vis à quel point elle était lente, obscurcie, en un mot stupide. Je n’étais plus capable d’aucun élan, d’aucune idée neuve. Me suivre était d’un ennui mortel, j’étais tellement prévisible.

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Publié dans Hors atelier | 8 commentaires

La poésie au Smic

Tu fais de la poésie au Smic,
Mais c’est pas de la poésie au rabais,
C’est pas parce que t’écris au stylo Bic,
Que ton imagination ne visite pas les palais,
Où vivent reclus les poètes maudits, les peintres nabis et fauves, les affamés de la vie, les femmes aux mœurs libres, les répudiées et les rebus de la société.
Des palais immenses, avec des caves et des portes secrètes, des tables mises et des bibliothèques,
Des palais réservés aux esthètes de toutes nations.
Tu y as tes entrées et mêmes des invitations,
Même si tu écris de la poésie au Smic, de la poésie à tous les vents, pour les petites gens,
Qui connaissent la valeur de l’argent et toutes les frustrations du quotidien,
Tous ces trois fois riens, qu’on balaye devant la porte,
Qui encombrent les petits matins, comme des tas de feuilles mortes,
Colportées par les rêves éteints et les amours mortes.

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Publié dans Hors atelier | 4 commentaires