Blog des ateliers d’écriture de La Page et la chambre

Bienvenue sur le blog de l’espace littéraire des ateliers d’écriture de La Page et la chambre !

« J’ai peur de retomber dans des répétitions d’effets continuelles, de ressasser éternellement la même chose. Il me semble que mes phrases sont toutes coupées de la même façon et que cela est ennuyeux à crever. »

Gustave Flaubert, à propos de Bouvard et Pécuchet

« Pour celui qui écrit, pour celui qui a choisi d’écrire, pour celui qui a éprouvé la jouissance, le bonheur d’écrire, pour celui-là il ne peut y avoir de Vita Nova (me semble-t-il) que dans la découverte d’une nouvelle pratique d’écriture. Ce qui peut être nouveau, ce n’est pas de renoncer à l’écriture, c’est d’en changer, de changer son écriture. » 

Roland Barthes, La Préparation du roman

Huitième saison des ateliers de la rue Nationale, à Nîmes

Notre rendez-vous : le lundi, à 18h30, une fois tous les quinze jours. Premier atelier : lundi 26 septembre, même heure, au 8, rue Nationale, à Nîmes.

Les deux citations placées en exergue de ce court texte de présentation de l’atelier d’écriture de l’association La Page et la chambre ne sont pas venues là par hasard ou pour chercher la caution intellectuelle de deux théoriciens de la littérature de haute volée, mais parce qu’elles résument en peu de mots la préoccupation qui m’obsède quand j’écris un roman ou quand je prépare une proposition d’écriture pour un atelier d’écriture : chercher sans cesse à se renouveler, à explorer des formes littéraires ou stylistiques différentes, bref tâcher de ne jamais écrire de la même façon, comme si le principal piège était le style, celui qu’on trouve un jour et dont ne ne sort plus, par facilité ou/et paresse. C’est donc l’obsession qui mènera la tenue de ces ateliers du lundi soir, au 8, rue Nationale, ne pas s’endormir sur ses lauriers, changer d’écriture, avec un fil rouge (sans exclusivité, il y aura de la place pour le génie d’autres écrivains qui accompagneront les propositions d’écriture) qui sera l’œuvre de Roberto Bolaño, dont on n’est pas prêt d’avoir exploré la grande richesse en estimant en avoir fait le tour.

Je ne finirai pas ce préambule à une nouvelle année d’atelier sans évoquer l’exposition de Christine Tron qui nous a fait l’honneur la saison dernière d’inviter les participants de l’atelier à écrire des textes sur ses photos aériennes, travail dont le résultat est visible à la Maison de la Région de Nîmes du 30 août au 14 septembre 2022 – vernissage le lundi 12 septembre. Ce fut une belle collaboration qui, après d’autres expériences comme les lectures à la radio il y a déjà quatre ans, donna à l’année 2022 des ateliers une coloration artistique différente et enthousiasmante. Merci à Christine pour sa générosité et bonnes envolées photographiques à elle.

Brice Auffoy

 

Pour visiter le blog personnel de Brice Auffoy, suivre le lien suivant : https://bricea.home.blog

Publié dans Saison 6 (2020-2021) | Laisser un commentaire

NOLI ME TANGERE

Ne me touchez pas, je pue l’alcool, mes yeux suintent la bistouille, mon sang est épais et sucré, il anesthésierait le vampire le plus assoiffé. Mon plasma boursoufflé, si on en faisait un prélèvement, la Croix Rouge refuserait ma poche de sang, on y apposerait un autocollant, attention liquide inflammable ! J’ai le feu de la Martinique qui coule dans mes veines, mon delirium tremens est indécent, mon haleine est incandescente, j’insulte tout ce qui bouge, je traite de tous les noms la pute qui est en face de moi avec qui le Maire m’a marié l’an dernier, j’invoque tous les dieux du ciel, je pleure tous les peuples maudits, les civilisations disparues, je crache sur les femmes infidèles, j’éructe contre les pervers masculins qui draguent les femmes mariées, je lance des fatwas contre les salopes qui ont le vice dans la peau, je suis rond comme un tonneau et rien ne m’arrête, je roule et je dévale la pente de la montagne Pelée, je suis prêt à affronter le ventre du volcan, lui seul peut apaiser ma colère et calciner ma honte.

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Publié dans Saison 7 | Laisser un commentaire

Le maquillage du siècle

Le colloque avait été organisé à grands frais, chapeauté par l’éminent professeur Veridis Ndiaye, financé par les plus grands labos nord-américains, européens et asiatiques. On y avait invité tous les principaux survivants recensés. La campagne de recherche avait duré plusieurs mois. Points communs de tous ces bonnes gens : ils avaient un système immunitaire indestructible.

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Publié dans Saison 7 | 2 commentaires

Tribute to George Sigor

On se souvient de son sourire. Mais l’on se souvient peu de la gravité que George portait en lui.

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Publié dans Saison 7 | 5 commentaires

Mot à mot

Ce serait à l’aube du troisième millénaire, un jour de janvier 2000. Ce serait un monologue mais dans lequel on entendrait une infinité de voix, un chœur à lui tout seul. Et ce chœur, il bredouille, ne sait plus très bien à qui s’adresser, parle à côté, change de registre. Sans cesse.

« Le cadavre dépecé de l’utopie pendu à un crochet » …Tu m’en diras tant, mon tendre, les anges déchus sont parmi nous et je ne les vois plus.

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Publié dans Saison 7 | 2 commentaires

Tenus en laisse

L’épaule n’est pas loin du point de rupture, cet instant fulgurant où les tendons poussés dans leur résistance finissent brutalement par se déchirer, amenant l’os à se déboîter. Il redoute le moment fatal. La douleur précédant le déchirement s’éternise parfois en préambule étiré à l’extrême avant l’intolérable. Il se souvient, l’os se décale alors d’un coup sec, quittant la cavité dans un craquement à couper le souffle. Il observe ses articulations, cartilages et muscles résister à la traction. Ça tiendra, encore une fois. Grimace.

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L’Heure Noire

Le crime aurait eu lieu à une heure inconnue, on ne pourrait que supputer, on tuerait, la nuit, et il y aurait une heure qu’on nommerait Heure Noire, avec majuscules de majesté, propice au meurtre, plus que les premières heures de la nuit ou le petit matin, dès cinq heures les véhicules de la voirie se mettraient en branle, avanceraient en faisceaux dans les rues, le meurtrier n’irait pas œuvrer sous le regard inquisiteur de leurs phares, car le geste de poignarder se fait avec emphase, lyrisme, il ne peut s’exercer que dans une nuit absolue,

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Muchas Gracias

J’ai saisi l’enveloppe qu’il me tendait. Sans réfléchir. Sans aucune gêne non plus, un peu flatté même, je pensais en toute sincérité qu’il évoquait un défraiement pour les quelques heures que j’avais faites pour lui l’autre fois. Des heures supp’ en somme, que j’avais initialement rangées dans la case bénévolat, mais je me trompais. Il était simplement reconnaissant. Après tout, s’il voulait me payer…

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Sans nuances

petit_bleu

« Jaune, mélange-toi à Rouge, j’ai besoin d’orange !

– Mais enfin…

– Quoi, Jaune ?

– Demandons peut-être à Rouge ce qu’elle en pense, non ?

– Demander à Rouge ?!? Jaune, tu connais pourtant mon goût pour la simplicité… » Lire la suite

Publié dans Saison 7 | 4 commentaires

Page blanche

Page blanche, celle de l’ennui, quand rien ne se dessine, excepté le grain discret qui crible la surface de ses minuscules ombres grises, elle s’étale, se gondole en ses extrémités, se graisse légèrement au fil des heures, s’alourdit du passage répété d’une main à plat qui ne sait lui offrir mieux. L’esquisse d’un portrait, d’une scène, d’un récit qui se devinerait, émergeant d’une brume épaisse.

Lumière blanche, celle du néon, quand rien ne semble changer dans la pièce, aucune variation, aucune silhouette ne la traversant, même discrètement, fantomatique, excepté les vacillements du tube luminescent qui crépite parfois, peut-être à cause de la poussière, léger dépôt gris qui en poudre l’arrondi supérieur. 

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Publié dans Saison 7 | 2 commentaires

Le tatoo qui change tout

Sur la pancarte en devanture de l’échoppe du tatoueur, une inscription : ACQUEREZ A VOTRE TOUR UN CORPS MAGNIFIQUE, DES MUSCLES PUISSANTS, UNE FORCE TERRIBLE !

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