Les maisons brûlent aussi

deces-incendie-maison-vendee-22-07-19

« Là, vous ne pouvez pas voir, je suis assise, mais, debout, ce n’est plus la même vieille que vous avez devant vous… Mes pieds se mettent successivement à battre le sol à une fréquence imperturbable sans que j’aie mot dire. Pour marcher, il s’agit de lancer en avant le haut du corps et le bas suit avec ses jambes autonomes. Seulement l’un est parfois en avance sur l’autre, du haut ou du bas, et dans les deux cas patatras !, la vieille s’échoue par terre.

Et les virages sont d’un compliqué, faudrait que vous voyiez mes épaules tourner pour suggérer la bonne direction et mes jambes continuer à battre inlassablement tout droit, comme si elles tapaient du poing sur la table. Mais les virages sont légion entre la supérette du quartier et chez moi et mes jambes n’ont pas le choix si elles veulent que je les nourrisse. Elles finissent par tourner.

Même si cela s’améliore depuis peu, mes jambes et moi sommes séparées dans nos intentions, voilà tout. Tout cela à cause d’un incendie…

Vous connaissez bien les incendies, Commissaire, n’est-ce pas ? À faire profession des cœurs qui brûlent un peu trop en débordant, par extension, vous voyez des maisons brûler. Ainsi va votre métier, je me trompe ? Avec l’incendie de notre maison, j’ai beaucoup perdu alors, le contrôle de mes jambes et mon alliance notamment. Jusqu’à mon mari… Des policiers m’interrogèrent. Cette bougie que je n’avais pas éteinte avant de monter me coucher, pourquoi ne l’avais-je pas éteinte ? Mais pourquoi n’éteint-on pas une bougie, Commissaire ? Qui peut répondre avec certitude à toutes les questions du monde ?

Mon ancienne profession ? Hé bien, j’ai longtemps exercé comme professeur de français dans le secondaire, à l’Éducation Nationale. Puis, la retraite approchant, j’ai accepté d’encadrer des ateliers d’écriture dans des prisons pour me rendre utile. Ces gaillards de prisonniers… Peu importaient les propositions d’écriture, ce ne furent bientôt plus que séances d’aveux, mais volontaires cette fois, et de leurs propres mains. Si je les aidais évidemment à écrire, je ne lisais rien des contenus. Tout de même, Commissaire, ma sacoche était bien lourde en rentrant.

Et maintenant vous voulez que je vide un peu cette sacoche, n’est-ce pas ? Bon…

Ma voisine m’avait conseillé ce jeune homme pour la façade de ma maison. J’avais négligé la mienne depuis l’incendie et il avait réalisé un travail plus qu’honorable sur la sienne. À l’évidence de l’engager s’ajouta très vite l’affection. Comme de tendres retrouvailles après une si longue absence : les conneries de sa première jeunesse, ses parents absents, ses fragilités affectives, les seules déceptions que l’amour lui avait alors concédées ; tout avait le goût de mon défunt René dans ces confidences, Commissaire. Jusqu’à ses réflexions : « Madame, je n’enduis pas des façades pour rien ! Je recouvre, je recouvre et… pourquoi je recouvre autant, si ce n’est pour me cacher ? » Mon René s’était lancé, jeune, dans le travail avec une énergie folle afin d’évacuer la folie. Son commerce avait grandi inexorablement et ses quelques dizaines d’employés suffisaient à peine pour dépenser toute cette énergie. Puis nous nous étions rencontrés. René, au fil de nos années, se dépouilla de son épaisse façade et il fit bâtir notre grande maison pour célébrer notre intimité à la place de sa solitude. Je regardais mon jeune homme travailler, mes pieds battant le sol, mon cœur la chamade.

Après sa dernière touche sur ma façade, je me surpris moi-même : « Quel travail ! Jeune, je vous aurais sans doute aimé éperdument… ». Son regard penaud m’obligea à revenir sur un terrain plus pratique et je lui proposai de refaire, s’il n’avait pas plus urgent dans l’immédiat, l’enduit de mes murs intérieurs. Après un sourire comme réponse, outre l’intégralité de l’enduit, il prodigua en quelques semaines ses soins à mon électricité, ma plomberie et mon système de chauffage, toutes ces choses laissées dans leur suie depuis l’incendie, trois ans auparavant.

Un jour, alors que je préparais une citronnade en cuisine, un silence inhabituel attira mon attention et je m’approchai de sa source. Mon jeune homme, accroupi dans le salon, faisait tourner un objet circulaire entre deux de ses doigts.

« Mon alliance… »

Cet idiot venait de retrouver mon alliance derrière un radiateur et, face à mes yeux remplis déjà de larmes, me la tendit sans véritablement mesurer, avec l’exact regard dépassé de René au moment d’ouvrir l’écrin il y a bien longtemps pour me faire sa demande. La citronnade s’échoua tout naturellement au sol et ce bruit de verre brisé me fit entrer instantanément dans un monde où les fins et les débuts ne se différenciaient plus, avec mon mari revenu devant moi comme s’il n’était jamais parti. Mon dernier jour, sans doute proche désormais, serait égal au premier, avec les mêmes promesses, avant… Avant quoi, Commissaire ? Avant à nouveau quelque chose sans battements de pieds, mais avec René. Assez indéfini, j’en conviens. Il y avait urgence avant cela à le débarrasser des façades revenues, des choses lourdes à porter, qu’on tait par réflexe, qu’on alourdit du secret dans telle densité de silence. Le hasard m’avait livré ce jeune homme, ma dernière expérience professionnelle une méthode éprouvée pour libérer les jeunes hommes des choses lourdes. Avais-je vraiment le choix, Commissaire ?

Mon jeune homme rédigea en quelques jours ce qu’il appela une confession, expression à laquelle il semblait accorder un sens religieux. Je tins à lui préciser que sa démarche s’apparentait davantage à une profession de foi, sa déclaration étant somme toute personnelle contrairement à une confession de foi. Quelle était la sorte de foi qu’il pourrait y attacher, ce n’était pas ma partie a priori. Avec cette discussion, comme d’autres aussi générales, il ne tourna en tout cas plus autour de son pot, s’y rapprocha en spirale, s’y plongea même en l’écrivant. Jusqu’à m’éclabousser, Commissaire.

Le jeune homme souhaita que je la lise. Son écrit ne s’adressait pas à un public au sens général comme dans une profession de foi, mais à une personne dans une nuance qui prêtait à confidence, comme s’il susurrait à son oreille, avec un grain de voix qui témoignait d’une confiance rare en cette personne, à laquelle il confiait sans fard sa culpabilité. Cette personne saurait lui accorder un pardon, là résidait sa foi. Cette personne, c’était moi bien entendu, présente avec lui dans mon bureau. Qu’avait-il à se faire pardonner ?

Son intrusion dans notre grande maison il y a trois ans pour un petit larcin nocturne, mon mari qui avait fait irruption de manière inattendue en dévalant les escaliers, sa vigueur étonnante lors de leur lutte, sa chute tête la première sur un coin de notre table basse, la bougie qui fit partir le feu dans sa chute sur notre tapis en laine, le dernier souffle, la dernière lueur de vie dans le regard de mon René au moment où ma silhouette apparaissait en haut de l’escalier, lui-même qui vit tout de moi, déjà coupée en deux de douleur à la vue de mon René allongé, moi qui ne vis rien de lui, l’incendie de notre grande maison.

À la fin de la lecture, une partie de moi voulait voir encore la lueur de mon René au fond des yeux du jeune homme, seulement la partie sous moi, mes jambes, battait de peur et avant que je prenne la moindre décision, elle m’avait transportée à l’extérieur du bureau, ma main droite avait déjà saisi par réflexe une chaise pour la poser sous la poignée de la porte. Impossible de l’actionner dès lors.

Depuis le boudoir, je traitai le jeune homme de meurtrier à travers la porte, l’accusai avant tout de la pire des sournoiseries, à revenir hanter la pauvre veuve sur le lieu de son crime. Il pleura, s’effondra au sol dans un fracas de l’autre côté de la porte. Il n’avait pas été exactement sournois, ou seulement au début, il y avait certes la richesse de notre maison, ce qui lui avait trotté dans la tête ces trois années pourtant, c’était l’alliance à ma main en haut de l’escalier cette nuit-là, dont le seul éclat avait brillé toujours dans un coin de sa tête, indépendamment de sa valeur, jura-t-il, et cette lueur l’avait poussé effectivement à revenir, et sa sournoiserie ne fut qu’un moyen, en gagnant la confiance de ma voisine pour gagner la mienne, avait-il réussi à s’introduire chez moi, où l’alliance réapparut, où il vit mon regard posé sur lui, nos deux regards scellés par cette alliance, et il avait pensé avoir trouvé là sinon une mère, du moins une femme avec un regard pour la première fois accroché à lui.

Il me fallut quelques minutes pour encaisser, réfléchir. Puis je lui annonçai, susurrant à mon tour, qu’il pourrait sortir… Cela est incompréhensible, n’est-ce pas, Commissaire ? C’est qu’il me fallait une preuve d’une fin définitive pour abandonner la possibilité du nouveau monde. Et je n’oubliai pas de prendre quelque disposition. C’est ainsi avec un balai que je fis valdinguer la chaise afin de me trouver au plus près de la porte opposée du boudoir qui donnait accès au grand salon. Il ouvrit précipitamment la porte avec un visage enragé et je reçus la terrible preuve de la mort de mon mari lorsque le fond de ses yeux s’entrouvrit un instant sur une opacité sans plus éclat. Haut et bas de mon corps enfin à nouveau coordonnés, je fus déjà derrière la porte opposée et j’eus le temps de prendre une nouvelle chaise pour en contraindre la poignée, avant d’entendre l’impact du jeune homme contre la porte.

Le jeune homme pouvait bien emprunter une porte latérale pour s’extraire du boudoir, mais la configuration de la maison m’assurait une trentaine de secondes d’avance avant qu’il ne rejoigne le salon. Je me dirigeai vers l’escalier, posai mes fesses sur mon siège monte-escalier et gagnai l’étage à la vitesse nominale du moteur. Je me précipitai dans la salle d’eau et mis en marche la machine à laver. Dans ce bruit domestique, je me recentrai et pris pleinement conscience de cette nouvelle réunion du haut et du bas, par la peur certes, mais par la même peur enfin. Une déclaration du jeune homme déjà en bas de l’escalier n’y changerait rien :

« Hé, la vieille ! Tout ce que je t’ai dit est vrai : mes sentiments, l’alliance… Sinon pourquoi je serais resté après l’avoir trouvée, pourquoi j’aurais écrit ? Mais il a fallu que tu gâches tout ! Dans ta grande maison, il y a des choses que tu ne peux pas comprendre… Descends maintenant et je vais te les expliquer ! »

Incapable de comprendre, moi, Commissaire… À la radio le matin-même, à propos du latin qui ne s’enseignait plus dans le secondaire, un intervenant annonçait la deuxième mort de l’Empire Romain. Il faudrait vivre désormais avec son seul souvenir fantasmé, sans plus aucun moyen d’accéder à ses écrits. Sans plus moyen d’accéder à lui, je m’engageais enfin dans le deuil de René, mort symboliquement une deuxième fois. Il y a trois ans, devant la propagation du feu, une confiance s’était rompue entre mes jambes et moi, entre elles qui souhaitaient vivre et se mirent à battre indépendamment pour se diriger dans la rue et moi qui souhaitais rester aux côtés de René. Nous étions donc maintenant réunies. Le jeune homme en bas était, lui, incapable de comprendre cela.

« J’entends tes jambes battre le sol de la salle d’eau, la vieille, je sais où tu te trouves… Descends ! »

Incapable de comprendre que le battement provenait d’un programme essorage. Quand il se décida à monter, j’avais déjà gagné une des chambres qui donnent sur le couloir, celui qu’il devrait emprunter pour se rendre à la salle d’eau. À travers la porte qui me séparait du couloir il ne pourrait pas m’entendre car j’avais enfilé des grosses charentaises à semelles épaisses de feutre qui tamiseraient mon battement sur le sol de la chambre par ailleurs recouvert d’une non moins épaisse moquette.

J’ouvris la porte délicatement lorsqu’il dépassa la chambre, lui administrai un coup de lampe de chevet sur le derrière du crâne, ce qui l’étourdit suffisamment pour qu’il en perde l’équilibre et bascule par-dessus le parapet. En bas, dans le salon, son corps était déjà allongé sur le nouveau tapis en laine. Je descendis avec mon fauteuil, tirai la table basse, enroulai son corps, allumai une bougie et la jetai sur le tapis… »


Après ce témoignage, Divisionnaire, elle se tut, fit rouler quelques secondes l’alliance entre ses doigts, puis se leva. Le battement de ses jambes l’accompagna à la sortie de mon bureau, tout le long de la traversée du couloir jusqu’au hall d’entrée de notre commissariat.

« Et maintenant ?, l’arrêtai-je.

Maintenant, cette histoire est entre vos mains, Commissaire…, me dit-elle. Moi, je suis bonne pour faire refaire ma façade. »

Elle venait entre autre d’avouer un meurtre, mais personne n’eut le courage de lui rappeler la nécessité de se tenir disponible pour les besoins de l’enquête. Il n’est rien de dire que cette pauvre silhouette heurtée nous fit forte impression à tous.

La nuit qui suivit, je rêvai d’elle. Une bougie dans un noir absolu tout d’abord, puis le bruit d’un martèlement régulier, la bougie s’agite pour comprendre, pour éclairer, et les jambes de la vieille surgissent dans son halo, tapent violemment le sol pour le faire souffrir, j’ai mal pour lui, j’ai mal à sa place bientôt, les impacts successifs amplifient les fissures au sol et mes propres brisures, tant et tant que la douleur est intenable et je crie avec une voix de verre brisé pour me réveiller, ou le contraire.

Un monde où les fins et les débuts ne se différenciaient plus, avait-elle dit. Alors ai-je rouvert d’autres enquêtes pour débusquer les vrais débuts et comprendre pourquoi celle-ci, comme une fin, me faisait mal ?

Aucune de mes anciennes enquêtes ne révéla rien des mots ou des motifs de cette affaire, qui se répétaient pourtant en moi en échos toujours plus proches. Pire, cette affaire n’était constituée essentiellement que de ces mots et motifs sans preuve attestant leur réalité. L’incendie provoqué par la vieille avait brûlé en même temps tout moyen de vérifier ses propos. L’écrit du jeune homme ? Parti en fumée. L’identité du jeune homme ? De même, avec son corps calciné. Je décidai donc de réinterroger la vieille femme, mais elle ne répondit à aucun de mes appels et je ne réussis à la dénicher nulle part. Peut-être ses battements de pieds n’avaient-ils été qu’un leurre rendu nécessaire par son sens du récit, peut-être s’était-elle enfuie après son départ d’une démarche fluide. À défaut de matériau, j’interrogeai les impressions qu’elle avait laissées sur moi lors de son témoignage. Seulement, à part la force de son récit, rien ne s’était imprimé. Son physique même, jusqu’aux traits de son visage, n’avaient laissé aucune trace sur la rétine de mes souvenirs, comme si elle avait été éclairée seulement à la pâle lueur d’une bougie. Sans doute était-ce trop tôt pour moi pour la reconnaître. La reconnaître, Divisionnaire ?

Une autre nuit, un autre rêve. Cette fois, la bougie, seule, laisse sa robe onduler dans le noir absolu. Sous la robe, n’est-ce pas une silhouette dès lors ? Le feu dont cette silhouette est la source se diffuse sur l’intégralité du noir absolu comme sur un papier. Puis reprend à partir de la même source, puis encore et encore. Ma gorge était sèche à mon réveil, je sentais la silhouette au fond de moi diffuser sa brûlure par vagues successives. Le verre d’eau que j’avalai tomba sous l’attaque d’une autre vague. Derrière les bris de verre, le nouveau monde apparut avec ses fins et ses débuts indifférenciés, annoncé comme par un panneau : un incendie peut en cacher un autre. Un incendie se cachait en moi depuis le début, un motif du récit de la vieille que je n’avais pu voir dans mes enquêtes antérieures car il précédait ces enquêtes dans le temps. Vous m’avez toujours connu veuf, Divisionnaire, n’est-ce pas ? Ce qui signifie aussi que j’ai eu une femme. Était-elle morte de ce que nos cœurs avaient trop brûlé d’amour, de ce qu’un incendie avait inexorablement suivi dans notre maison ? Étais-je devenu Commissaire pour enrayer ce douloureux rapport de cause à effet ? Quelques jours après l’incendie, une silhouette fut interrogée, qui témoigna d’un triste accident domestique pour expliquer le départ de l’incendie. Notre amour n’était en rien responsable. Alors pourquoi suis-je devenu Commissaire, Divisionnaire ? Je sais bien que ce genre de question n’admet aucune réponse satisfaisante, que nous sommes tous le produit de quelque chose impossible à déterminer précisément car ce quelque chose est le monde, impossible à appréhender entièrement. Tout de même : qui ouvre à chacun les portes du monde, qui en assure la garde ? Je me souviens de mon dernier au revoir à la silhouette, celle de ma mère, pétrie de culpabilité, ma jolie mère adorée dans sa robe ondulante. Je monterais la garde à sa place afin que les maisons ne brûlent plus après les cœurs, voilà quelles furent mes réflexions lorsque j’admis après quelques mois de son absence que je ne la reverrais sans doute plus.

Il y eut la nuit dernière, le dernier rêve. La silhouette me donne le sein, ce sein est la pointe de son amour éperdu, qui me transperce le cœur en s’allongeant, m’embroche, me fait tourner autour de lui, reviennent les jambes qui martèlent, je tourne et tourne toujours plus vite, et cette fois les choses s’impriment définitivement sur la rétine de mon rêve, en haut, il y a la silhouette, en bas, les jambes qui martèlent. Mon réveil soudain n’enraya pas le vertige. Elle avait été en face de moi pendant son témoignage, protégée par le seul fait qu’elle était mon angle mort, où je l’aurais protégée toujours si mon rêve ne me l’avait pas dévoilé. Ma mère n’était autre que la vieille. Fins, débuts. Mes réflexions tournaient en boucle dans un programme essorage et je reconnus, entre les doigts de ma mère, pareillement protégée dans mon angle mort, l’alliance de ma femme. Ma mère avait tué ma femme dans un accident domestique volontaire. Le cœur de ma mère avait brûlé. Pourquoi avait-il fallu que ma femme soit dans la maison qui brûlerait ? Tous les habits se mélangèrent dans l’essorage. Quel était le rôle du jeune homme ? Un anonyme, qui n’existait pas en soi. Qui était-il, sinon moi ? L’essorage cessa : ma mère avait œuvré dans l’Éducation Nationale comme professeur de Latin. Ma mère devait tuer son fils pour faire le deuil de son mari et avait brûlé notre maison, pensant que je m’y trouvais. Elle était revenue après toutes ces années pour réclamer ma mort.

Pourquoi je place cette chaise devant la porte ? Vous n’avez pas de loquet, comment empêcher sinon nos collègues d’entrer ?

Laissez cette vieille tranquille… Pourquoi vouloir me l’enlever ? Vous êtes comme l’Empire Romain, combien de fois vais-je devoir vous tuer ?

J’avais tout d’abord pensé boire jusqu’à l’alcoolisme, puis faire craquer une allumette devant la bouche pour m’embraser. Mais je vous ai sous la main et j’ai trouvé trouvé une bonne méthode pour effacer les choses lourdes qui tournent en rond sans incendie. Pan !

Faire feu… Oui, cela fait mal, un petit trou dans un poumon, mais seulement deux minutes, le temps d’écouter ma courte histoire.

Il était une fois un petit enfant qui tua son père. Comment fit-il ? À vous de voir, mais il est fort possible qu’il y ait là-dedans une bougie qui ne s’éteint pas dans une grande maison. Il est fort possible aussi que le petit enfant brûlât d’un amour trop grand pour sa mère, toujours à vouloir pomper ses seins, à la coller aux basques, vous voyez. Le vilain père voulut les séparer, alors la bougie a embrasé le tapis. Il ne fallait pas faire cela, Divisionnaire. Divisionnaire ? Et mon histoire ? Oh, plus rien ne vous intéresse désormais…

Et vous autres, arrêtez de taper derrière la porte, attendez ! Un dernier petit détail à régler, un pistolet à coller contre une tempe avant le point final à toutes ces boucles… Trois, deux, un, zé…

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15 commentaires pour Les maisons brûlent aussi

  1. briceauffoy dit :

    Tu n’as pas lu le règlement du concours, mon lapin… La nouvelle envoyée doit être inédite, donc pas publiée et déjà lue, même sur un blog j’imagine. Or le blog des ateliers de la Page et la chambre est nîmesment connu, tu t’en doutes !

    Aimé par 1 personne

  2. briceauffoy dit :

    Pimpon ! Pimpon ! La maison qui brû-leu. Pimpon ! Pimpon ! La maison brûlée… Pimpon Girls, bien entendu.

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    • granmocassin dit :

      A ce jeu au goût de brûlé, rien n’égale les Spice Girls. Heureusement qu’elle ne se sont pas piquées d’écrire, car elles auraient remporté ce concours haut la main! Encore faut-il qu’elles acceptent de se reformer, rien n’est moins sûr, malgré la dotation généreuse de ce concours. Ce n’est encore pas assez, dixit leur agent.

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  3. briceauffoy dit :

    Monsieur Château, vous n’avez décidément pas lu le règlement du concours. En lisant votre texte, je me suis dit : « Il est un peu long, ce texte. » J’ai donc vérifié son nombre de caractères, espaces compris… 26 129 (21 697 sans les espaces). Pour rappel, Monsieur Château, le règlement du concours stipule que le texte ne doit pas excéder les 20 000 caractères espaces compris. Ah ! ces foutues règles… En a-t-on assez parlé pendant les ateliers de ces 20 000 caractères… Pour compter le nombre de caractères d’un texte, c’est simple, il suffit de s’armer de patience et de les compter un à un, espaces compris.

    Aimé par 1 personne

    • guidru dit :

      Je leur enverrai quand même et ils en feront bien ce qu’ils veulent.
      Tout ce que je leur dis en attendant, c’est que je sais dorénavant faire brûler les maisons. Et que ça me ferait bien plaisir d’avoir le 1er prix…

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  4. briceauffoy dit :

    Tu ne l’as pas encore envoyé, tout va bien. Supprime six mille cent trente caractères. Et lis le règlement. Les textes ne correspondant pas aux critères ne seront pas lus. Comme la participation est de dix euros, ce serait tout bonnement stupide de l’envoyer en l’état.

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    • guidru dit :

      Je crois que je n’aurai ni la force ni l’envie de le modifier avant le 31 décembre.
      J’ai donc bien fait de le publier sur le blog.

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      • granmocassin dit :

        Ce je m’en-foutisme ne t’honore pas, cher Guidru. Les conseils de Brice sont judicieux et tu seras bien avisé de les suivre. Si tu veux de l’aide pour compter tes caractères, je veux bien apporter ma pierre à l’édifice (même si en l’occurrence, il s’agit ici de soustraire) ou sinon si tu as un ami dans le genre de Rainman, ne sois pas gêné de lui demander de l’aide, d’un unique coup d’œil il te dira à la virgule près le nombre de signes que contient ton texte. Quoi qu’il en soit, ne désespère pas, tu n’es pas seul.

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      • guidru dit :

        Je ne remets pas en cause la qualité des interventions de notre maître bien entendu, j’évoque ma pauvre motivation.
        Me décarcasser pour un texte dont je ne suis pas sûr qu’il vaille grand chose me semble absurde.
        Après, j’apprécie ta grande sollicitude, qui me fait chaud au cœur, me fait penser aux briques chaudes de mamie Verona.

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      • granmocassin dit :

        Tu as raison, après tout peut-être il passera comme ça. En même temps, ce n’est pas comme si c’était marqué dans le titre que ce texte était destiné à participer à ce concours. Et pour le nombre de signes, il y a fort à parier qu’ils ne compteront même pas…

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  5. briceauffoy dit :

    C’est sans compter sur les délateurs, qui vont s’empresser de se débarrasser d’un concurrent en signalant, après avoir lu notre débat sur le blog, à la librairie Diderot que le texte de Guillaume est trop long. Depuis le premier confinement, la délation est revenue à la mode en France, au cas où vous ne seriez pas au courant. Je précise que ce discours n’est en rien une attaque politique contre notre président (je ne fais pas de politique d’ailleurs). Bref, payer dix euros pour être éliminé sans lecture, alors qu’il suffit de supprimer quelques longueurs…

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