HALF MAN

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HALF MAN

Voix off : « Une somme infinie de peureux dans notre City. Je ne dénote pas, je suis le Shérif. Big Jim le sait, ce crevard de 35 ans qui ne doit son surnom qu’au seul fait qu’il est le plus gros crevard que tout notre Comté ait jamais compté. Mais son corps est malingre, ses idées maladives, alors il veut tout bouffer et, pour cela, rien n’est plus utile qu’une bonne paire de couilles grosses comme le monde et deux colts qui pendent à son ceinturon pour lui en faire une deuxième pour nous baiser tous deux fois. Son ombre s’étalera bientôt jusqu’à mes pieds car Big Jim a la sournoiserie enfoncée dans le caractère en vertu d’une éducation débridée. Big Jim arrivera du côté de telle sorte que j’y voie que dalle avec le soleil dans les yeux. »


Un vieux canasson portant un homme s’approche d’une rivière, une poussière se soulève à chacun de ses pas. Au loin, des nègres enchaînés frappent de leurs masses de grosses pierres et la terre aride répond de la même poussière.

Voix off : « Jeune, j’adorais chasser les chiens de prairie. Une fois, alors que je courais, je m’étais enfiché le pied dans une ronce et ma cheville avait tourné comme celle d’une danseuse d’opéra. D’épais bandages et quelques semaines plus tard, le Doc libéra mon pied : tout blanc comme la première neige et fluet comme la dernière glace. J’eus la frousse d’être redevenu un bambin et de devoir tout refaire. Une fois libéré de mon attirail cuisant de Sherif, mon corps est pareil désormais, me voilà aussi démuni qu’au sein de ma mère, suspendu à la seule volonté d’une seule personne. »

L’homme est nu et plonge dans l’eau de la rivière.

Voix off : « L’eau de la rivière mène toujours le même flux vers le même océan. Sait-elle le bien qu’elle nous fait et tout ce temps qu’on l’ignore ? Non, elle ignore tout, qu’importe pour elle. Mais pour moi. Je compose mes jours d’un remplissage inutile essentiellement. Pendant tout ce temps, dans ma tête et mon corps pourtant, il n’y a au bout que le plongeon dans les eaux qui vaille, avec l’impact, le froid instantané qui succède à l’immense été de notre Comté. »

Son chien sort le premier, se secoue comme pétard. L’homme fait pareil, se place à 4 pattes et se met à grogner. Son chien le léchouille en secouant sa queue.

Voix off : « Putain, Rex, faut pas être si gentil ! »

Le canasson pète.


L’homme entame son échange avec Big Jim à l’aveugle en saisissant le premier ses propres colts et balaie de ses tirs successifs le contre-jour du crevard, de telle sorte que le tableau d’ombre s’allège d’une main, se complexifie d’une brisure entre le tibia et la cuisse.

Voix off : « Nul doute qu’une de ses rotules vient d’être expédiée dans l’anonymat du désert comme mes bouteilles vides de Scotch lors de mes exercices… Peu importe l’issue de nos pourparlers, Big Jim, tu ne t’enfuiras jamais de notre City ! »

Big Jim saisit pourtant un colt de son unique main, la gauche, réussit à s’approcher dans la direction de notre homme, sa jambe folle à sa suite, en visant les parties les plus sensibles, une couille, un œil, une épaule, la hanche, toujours du même côté, le droit, de notre homme qui, perdant la quasi-totalité de ce côté de corps, continue à expédier le feu de son colt depuis sa propre main gauche. Inexorablement, au bout de quelques secondes de ce régime, les deux se trouvent l’un en face de l’autre, réduits chacun à l’évidence de la mort, alors que chacun pointe son colt sur la tête de l’autre. Les coups partent simultanément.

Voix off : « La rivière attend mon impact, suspend le temps et semble éloigner mon corps de sa surface pour préserver le plus longtemps possible mon innocence. »

Après une jolie parabole, le corps de notre homme s’abat au sol. Big Jim n’a plus de tête, alors le chien s’approche de son propre maître pour lui léchouiller son restant de visage.

Voix off : « Putain, Rex, tu ne sauras jamais te sécher du jus fondamental de la vie… »

L’homme lui tire la dernière balle de son colt en pleine gueule. Attendant que son maître s’évanouisse et après l’ultime écho de la détonation, le vieux canasson pète un coup.


Voix off : « D’habitude, après une revie, il y a risque d’une remort… »

Sur un fauteuil roulant, notre homme s’extirpe d’un épais nuage de poussières. Toute la moitié droite de son corps n’est que plaques de métal réunies et arrangées dans l’espoir de lui garantir une forme à peu près humaine.

Voix off : « Mais on m’appelle Half man désormais, comme si j’étais encore un peu humain… Je n’ai plus peur de rien. La peur devait se nicher dans ma moitié disparue. Dans le comté, les tarifs sont trop élevés pour un handicapé, alors je ne paie plus, j’emmerde avec fureur, je ne respecte plus aucune déontologie, je tue en totalité. Toutes les citys du comté espèrent ma mort et envoient des émissaires pour me défier. De sombres crétins qui ne voient que mon fauteuil roulant pour toute locomotion, et qui m’affrontent à l’ancienne, dans des duels statiques. Mais je suis comme la lune, avec une sombre face cachée, qui n’hésite jamais à rugir. »

Un adversaire devant lui, Half man fait tourner son fauteuil roulant afin de présenter son seul côté droit armaturé de métal à son adversaire. Chaque tir de son adversaire se réduit à une minuscule étincelle et, ayant placé un colt dans sa main gauche, ici à hauteur idéale, Half man le fait rugir tandis que, 30 mètres plus loin, la paire de roubignoles éclate dans l’instant avec l’artère la plus proche à la fois. L’adversaire se vide de son son sang. Half man se dirige vers lui en actionnant péniblement son fauteuil.

Voix off : « Si, je crains une chose désormais : me baigner dans la rivière. Ma seule peur est de rouiller… Mais le sang coagule si vite, il n’y a aucun risque. »

Arrivé à hauteur de la mare de sang, Half man stoppe et laisse tomber tout son corps de telle sorte que sa moitié métallique puisse se baigner d’hémoglobine.

Voix off : « Ni bien ni mal ici-bas, un seul entre deux, un seul pas de danse vers votre mort… »

Half man étale le sang de son bras valide sur toute sa moitié artificielle.

Voix off : « … et tout le jus de votre vie pour moi ! Alors, qui osera défier… ? »

HALF MAN

Le canasson pète.

Cet article a été publié dans Saison 5 (2019-2020). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour HALF MAN

  1. clairebouu dit :

    Beaucoup trop drôle.

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  2. briceauffoy dit :

    Tu t’en es sorti, pour cette fois, mais la prochaine verra ta défaite. A jeudi, Little Jo !

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