c’est le matin

champs-de-coquelicots-00e8f29e-17a9-4ef5-82b3-c70f897d00fcC’est le matin déjà faut croire. L’heure d’avant l’heure d’aller sentir les flammes sans rosée. C’est l’heure saine de nos existences qui se sont retrouvée sur le bas-côté.

C’est le matin et je serai vite de retour. Quand je reviendrai je sais que vous n’aurez pas bougé, les yeux rivés sur l’écran que vous n’écoutez plus. Ce matin, alors que le soleil est encore orange, je ne sais pas encore ce que je vous vous rapporterai.

Je ne peux pas vous le dire, soyez patients. Laissez vos désirs ronger votre attente. La marche est déserte dans le long tunnel qui me mène à l’inconnu. Plus aucun train n’y passe, seulement nous. Ce nous n’est que l’écho de nos voix. A force de marcher côte à côte dans l’ombre, nous avons créé un chant, notre ritournelle des premières heures.

Chaque nouvelle journée nous offre l’espoir et la hâte de découvrir la taille de ce lieu qui n’appartient qu’à l’union de nos vibrations. Nous projetons notre recherche dans le silence. Le silence de la certitude.

Je n’aurais jamais assez de tous mes matins pour compter toutes les sorties possibles. Aujourd’hui je tombe sur une parcelle de coquelicot. Quand j’en cueille un, un pissenlit apparait, je collecte suffisamment de racines pour tout le monde. Nous récupérons du riz, du feu et du thym pour la journée.

Au bord de la route, il y avait des prunes. Je respire les couleurs en vie. Elles sont toutes là. Les plus belles couleurs que je vois la nuit en fermant les yeux. Le vert flamboyant des joncs qui percent le sol. Il est si différent de celui de la menthe, mais si proche de celui des prés frais.

Je vous vois pleurer sur le thym, je sens vos larmes entre mes doigts. La terre sous mes ongles ne gêne pas ce qui coule. L’eau sors de la gouttière, venez boire ! Levez les yeux et votre cœur ! Il n’y a plus d’argent mais il n’y a plus d’avions !

Cet article a été publié dans Saison 5 (2019-2020). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour c’est le matin

  1. atelierlel dit :

    Le problème avec skype, c’est qu’on passe parfois à côté du texte pour des raisons techniques à la con ! C’est cool que tu l’aies publié. Une écriture poétique, avec des images étonnantes, (« L’heure d’avant l’heure d’aller sentir les flammes sans rosée. » / « Je respire les couleurs en vie. ») c’est frais, le matin. C’est toujours bien d’entendre une « nouvelle voix » et de découvrir une nouvelle écriture. Merci, Flavie.

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  2. guidru dit :

    Une écriture fraîche comme la rosée effectivement, généreuse comme le coeur au petit matin.
    Eric, nous sommes officiellement de vieux cons acariâtres et ma seule satisfaction est que tu as quelques années d’avance sur moi…
    Je ne sais pas s’il faut te remercier, Flavie.

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  3. atelierlel dit :

    Ne t’inquiète pas, Guillaume, ton coming out restera entre nous, et sois le bienvenu dans ce club où je me sentais si seul à ce jour.

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  4. Damiano dit :

    Flavie, moi aussi en allant vendre les légumes j’ai croisé trois coquelicots, leurs frères et soeurs encore plein de sommeille, j’ai sifflé en pensant à toi

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