Rondeurs perdues

L’air de la chambre tend à se raréfier/, tandis que, m3 après m3, tout son volume pénètre mes naseaux ;

Le but étant, par cette dépression causée/, de ton corps sur ce lit dresser le plus précis tableau.

Ton sexe pleure, craint d’être abandonné/, tant règne, l’air manquant, une langueur aride ;

Il se souhaite, on dirait, humé le premier/, une longue aspiration suit son angoisse du vide.

Aspiration et dépression se rejoignent en une frange étroite/, d’abord de bruissements, puis d’un vortex de vents contraires ;

Un moustique n’y saurait détecter avec ses papattes/, s’il faut écarter ou frétiller les ailes pour se maintenir en l’air.


Face au cyclone, mon amour/, ton corps change ses priorités ;

Au manque de matières, un jour/, succède leur abondance pour l’éternité.

Ton sexe prend ses dimensions et les devants/, conjure dans son élan l’éventuel non ;

Amour ou meurtre, pourtant/, il ne connaît pas ses véritables raisons.

A l’occasion de ce beau jour/, j’aimerais tellement pouvoir choisir ;

Mais la nuit, mon corps lourd/ se rêve poursuivi, et pire…


Permettons nous l’image d’une séparation trop frivole/, les corps accrochés au sol, les âmes s’envolent ;

Plutôt qu’une combinaison mécanique, l’impact a quelque chose d’organique.

Les carcasses rivetteraient follement l’une dans l’autre, n’étaient/ les racines formant de celles-ci une trinité avec la Terre de vie, le lit.

L’Arbre retient ses frémissements en cette période de douce maturité/, car une brève brise suffirait à la chute définitive… des fruits.

Mais un moustique se pose sur une rondeur perdue/ et suce ce que de droit.

L’équilibre des corps est rompu/ ; le plaisir prend l’exacte mesure de l’Univers d’un petit doigt.


A la décantation des sens se dessine un horizon impeccable/ propre à apaiser les caractères ;

A l’image de la précarité des corps, ils sembleront, imperturbables/, soumis à la liberté des airs.

Notre livre à peine écrit est abandonné/ aux flux et reflux d’une mer patiente ;

Et délivrera dans les songes d’été/ un souvenir de ce lit qui nous hante.

Par l’histoire d’un moustique, d’abord aspiré/, qui piquera – c’est selon – l’amante ou l’amant ;

Et finira entre deux pages de hasard écrasé/ en introduisant à d’autres chapitres un peu de son sang.

Cet article a été publié dans 08.17 ... sous les draps... entre les cuisses. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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