Friandise imaginaire légère et cruelle

Des fourmillements glissent des ongles aux doigts, des doigts au bras. Il se raidit, la tête vacille, les rires résonnent mais elle n’est déjà plus ici, pas encore là non plus. D’un endroit à l’autre, elle déambule dans cet entre deux qu’elle ne comprend pas. Comment pourrait-elle le décrire puisqu’elle n’a jamais été ici ou là.

Présence furtive dans le ici, absence du là où elle devrait déjà être, elle baigne dans cet ailleurs imaginaire où on ne devrait pas pouvoir être.

Peut-être par ce que « être » reste une équation irrésolue, peut-être par ce que « être » reste l’illusion ultime.

Aussitôt êtes-vous, aussitôt évanouissez-vous, anéantis par le moment suivant, squatteurs précaires de l’instant présent.

Entres parenthèses, perdus dans les méandres de l’imagination fuyante, émanations de soufre dans les ruelles de la ville, spectres animés se confondant à la matière goudronnée que vous foulez aux pieds machinalement, vous croyez être ICI et aller Là, vous êtes partout et nulle part à la fois.

Cet évanouissement permanent, ce vertige de l’absence d’être, friandise imaginaire, légère et cruelle.

K.

 

Cet article a été publié dans Saison 3 (2017-2018). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Friandise imaginaire légère et cruelle

  1. granmocassin dit :

    Sensible et sensitive description de l’insoutenable légèreté de l’être.

    Aimé par 1 personne

  2. Xìng* dit :

    Dualité évanescente qui cherche une unité ancrée…j’ai voyagé en te lisant.

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