Week-end à South Padre

Mon ami James Wagner est un peu plus âgé que moi, il a déjà franchi le cap de la cinquantaine. C’est un homme élégant, affable, plein d’humour, mais aussi sous certains aspects rugueux, secret. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années, nous nous considérons l’un et l’autre comme de bons amis, nous prenons très souvent un verre ensemble, le soir après le travail. Nous travaillons en effet dans la même agence, mais chacun dans un domaine différent, lui dans la banque, moi dans les assurances. Il nous arrive aussi fréquemment de nous voir en dehors, le week-end, pour un match de baseball, ou pour un barbecue l’été, chez l’un ou chez l’autre. James connaît ma femme Elisabeth et je connais sa compagne, Mina, qu’il a rencontré il y a deux ans, après une longue période de célibat (qui ne fut pas une période d’abstinence, car James a toujours eu du succès auprès des femmes). Tout ça pour vous dire que nous sommes intimes tous les deux, mais pour autant James Wagner reste assez secret, mystérieux vis-à-vis de moi comme des autres d’ailleurs, il ne se confie pas facilement. Il m’apprécie je pense car je ne lui pose pas de questions, James n’aime pas les questions, c’est sûr.

Je sais qu’il a une vie dissolue, que d’être en couple ne l’empêche pas d’avoir des aventures de temps en temps.

– Mais Mina est au courant, m’a-t-il un jour avoué, enfin pas explicitement… mais elle sait comme je suis.

Il ne m’en dit pas plus, mais j’avais bien compris ce qu’il voulait dire, qu’il ne fallait pas qu’il soit tenté. Je sais moi aussi comment il est, la façon dont il reluque les belles femmes dès que l’une d’elle passe près de lui, James est comme ça, je le sais très bien, il aime les femmes.

Ne croyez pas que je juge pour autant, que je condamne sa conduite ou quoi que ce soit. Je suis Quaker, mais je suis ouvert d’esprit et qui plus est en matière de morale, je dis toujours que chacun voit midi à sa porte. James connaît mes convictions religieuses, nous avons régulièrement des discussions spirituelles, ou du moins sur des sujets universels, tels que la vie, la mort, l’amour, la possibilité de l’existence de Dieu, ce genre de choses… Il aime bien me taquiner sur le sujet, en tout bien tout honneur, lui n’est pas du tout versé dans la religion, mais il se dit déiste. J’accepte sa malice de bonne grâce, au fond il n’est pas fermé à la discussion.

Je croyais bien connaître James après toute ces années, mais un jour il me révéla, presque incidemment, qu’il était naturiste. Chaque année, il passait ses vacances l’été à Miami, ce que je savais très bien, mais dans un camp naturiste, précisa-t-il, ce dont je ne me doutais pas. On peut être ami depuis dix ans et en apprendre encore… Il s’en ouvrit à table, alors que nous étions chez nous, devant Elisabeth, qui parut très étonnée et qui lui demanda des détails. J’étais gêné et voulais lui dire de s’en tenir là, mais elle était visiblement intéressée. Elle déclara même que c’était le genre de chose qu’elle aurait aimé tenter une fois dans sa vie. Je faillis tomber de ma chaise.

– Il y a une plage pas si loin de Houston, lança James, en verve pour une fois, sur South Padre Island. Il faudra qu’on se fasse un week-end, si ça vous dis ?

Elisabeth était emballée, je m’empressai de refroidir ses ardeurs.

– Me mettre tout nu sur une plage ?! Pas question! Je me sentirais vraiment trop gêné !

James embraya sur un autre sujet, par amitié pour moi je pense, mais Elisabeth et Mina en discutèrent en aparté. Je perçus quelques bribes de conversation, tandis que James me parlait du dernier match des Astros, l’équipe locale. Mina disait être une fervente convertie depuis sa rencontre avec James, elle parlait du plaisir de vivre à l’état de nature, de la liberté du corps, du sentiment grisant d’être femme. Elisabeth posa une question que je n’entendis pas, mais la réponse de Mina fut que le regard des autres n’était pas un problème, elle dit aussi que si elle tentait l’expérience, elle le verrait par elle-même.

A la fin du repas, alors que James et Mina venaient de partir et que nous débarrassions la table, Elisabeth m’informa que l’invitation à aller à South Padre la tentait et qu’elle avait convenu avec Mina et James d’y aller à la fin du mois.

– Je t’ai dit que ça ne m’attirait pas du tout ! me défendis-je.

– Tu n’es pas obligé de venir avec nous, fut sa réponse. Elle emporta la pile d’assiettes dans la cuisine me laissant seul digérer l’impact de la nouvelle. Laisser seule ma femme, à poil sur une plage avec James ! Même si je pouvais gager qu’il ne ferait rien de déplacé, le simple fait qu’il la regarde avec son œil expert et reluque sa nudité de bas en haut par le menu détail me donnait la nausée rien que d’y penser.

Je me retrouvai donc dans l’obligation de l’accompagner, ne serait-ce que pour m’assurer que les yeux de James ne s’attardent pas sur le corps diaphane de ma femme. Ma femme, qui soit dit en passant est non seulement plus jeune que moi, mais aussi d’une beauté tout à fait objectivement reconnue. Dieu merci, par je ne sais quel miracle, j’ai épousé une femme au physique divin. Je fus étonné au début qu’elle s’intéresse à moi, mais nos deux âmes s’accordent à merveille. C’est un miracle que je ne m’explique pas.

Elisabeth est une vraie beauté texane, sans artifice, grande, les cheveux longs, blonde, voluptueuse, au corps bien plus conforme aux canons esthétiques que le mien (je suis grand certes, mais chauve et bedonnant) et je sais que James n’est pas insensible à sa beauté, non pas pour me faire cocu dans mon dos, loin s’en faut, mais ce que j’avais pris à l’origine pour une marque de respect, de petites phrases futiles, des compliments comme « Elisabeth est très charmante » ou « ta femme a des jambes magnifiques » ou une remarque du style « quelle chance tu as d’être marié à une femme comme Elisabeth », me revinrent soudain en mémoire.

« Ta femme a des jambes magnifiques »… je savais que cet adjectif pouvait s’accoler à toutes les parties du corps de Lizbeth, il avait bon dos de me parler de ses jambes.

Le salaud allait s’en donner à cœur joie! Il allait la mater de tous les côtés… cette idée m’était insupportable. Aussi, avertis-je Elisabeth dans la soirée (d’un ton qui se voulait le plus détaché possible), que j’irais moi aussi me mettre nu comme Adam sur la plage de South Padre Island.

Le mois fut très long. J’avais en tête la date du 30, notre départ en week-end nudiste, comme un phare dressé à l’horizon et je me maudissais de n’avoir pas trouvé de solution. J’avais prévu d’emporter mon chapeau texan, à large bord, au cas où il me faudrait me planquer dare-dare sur la plage. L’idée de m’exhiber ainsi aux yeux de tous m’était insupportable. Je n’arrivai pas à me visualiser ainsi, tout nu, sur une plage archi bondée… Et qu’Elisabeth soit la proie de tous ses regards, j’en avais des sueurs froides ! J’avais la sensation qu’on lui volait sa pureté, qu’on m’enlevait son amour, le privilège d’être le seul à voir l’entière beauté de son corps. Tout cela allait voler en éclat. Je craignais de ne pas m’en remettre. Cela me poussa à aller voir les sorcières.

Environ une semaine avant le départ, je me résignais en effet à aller voir les sœurs Berry. Deux vieilles filles qui habitent à la sortie du village, des jumelles. On avait coutume de les appeler par ici « les sorcières », les gens les consultait pour toutes sortes de maux, en particulier les moins avouables. Je ne les avais pas à la bonne jusqu’alors, mais j’avais entendu parler de ce qu’elles faisaient. Si elle avaient tant de monde, c’est qu’elles parvenaient sans doute à de bons résultats.

Enfin donc, je me mis un coup de pied aux fesses et j’y allais. Il m’en coûta 250 dollars ! La plus volubile, Jessie, me dit que c’était un prix tout à fait honnête pour échapper à un tel traquenard. Un traquenard, elle avait dit, au moins elle m’avait compris. Ce fut l’autre, Debbie, qui m’expliqua ce que je devais faire. Il me fallut revenir le lendemain avec un cheveu d’Elisabeth et aussi une de ses petites culottes. Elle me demanda aussi un poil de couille, pour quoi faire je ne sais pas, mais je lui en passai un, ça me coûta moins que de lui donner un de mes cheveux, vu le peu qu’il m’en reste sur le caillou. Elles m’assurèrent l’une comme l’autre que je n’avais plus à m’en faire.

– Personne ne reluquera le con de ta femme! me dit Jessie en partant, c’était une façon de s’exprimer un peu rude, voire vulgaire, comme j’ai dit ce n’est pas des femmes de la plus haute société, mais je ne suis pas du genre à juger, chacun est libre d’agir ou de parler comme il l’entend.

Le week-end arriva et je n’étais pas vraiment rassuré au moment de monter dans la voiture de James qui était passé nous chercher pour l’occasion. Elisabeth était très enjouée, comme une enfant qui part pour un pays inconnu. Elle m’avait lancé le matin même « c’est bon de faire de nouvelles choses, non ?»

J’avais répondu oui, pour ne pas la contrarier dans son élan juvénile.

Nous arrivâmes à South Padre en début d’après-midi et après avoir laissé nos affaires à l’hôtel, nous avons pris la direction de la plage. Je redoutais le moment où nous devrions nous défaire de nos vêtements et nous jeter à l’eau nu comme des vers, mais je ressentais aussi une certaine hâte à savoir par quel subterfuge magique Elisabeth allait être préservée des regards, je l’observais du coin de l’œil tandis qu’elle se déshabillait. Elle se comportait avec une aisance presque choquante, ôtant sa robe et ses sous-vêtements tout en discutant avec Mina. James était déjà à poil, il se dirigea vers le rivage avec une lenteur de félin. C’était peut-être une manière de m’indiquer que toutes mes inquiétudes étaient infondées, il n’avait pas même jeté en regard en direction d’Elisabeth, mais je savais qu’il ne manquerait pas de le faire à un moment ou un autre. Elisabeth me tournait le dos, elle se défit de sa culotte et je vis la blancheur de ses fesses apparaître, comme un soleil dans un ciel d’azur.

– Je me suis fait avoir, me dis-je, songeant aux deux sorcières qui m’avaient déplumé.

C’est alors que je vis le visage de Mina, elle faisait face à Elisabeth et sembla pâlir soudain. Puis Elisabeth se tourna vers moi, et je compris la réaction de notre amie, la fuite qu’avait pris son regard et l’effort qu’elle avait semblé déployer pour ne pas s’arrêter au beau milieu de sa phrase.

Elisabeth n’était plus Elisabeth. Elisabeth avait un sexe d’homme, long et bien membré, les sorcière n’y étaient pas allé de main morte !

-Qu’est ce qu’il y a ? me demanda ma femme, elle baissa les yeux mais ne remarqua rien d’anormal. J’ai pris du poids c’est ça ?

Je m’empressai de la rassurer. C’était à la fois étrange et monstrueux, de voir sa propre moitié ainsi transformée, elle était devenue une sorte de sirène centaure mythologique, femme au-dessus, homme en dessous, j’étais un peu choqué, mais au fond de moi je jubilais.

Elisabeth elle ne remarquait absolument rien, le subterfuge des sœurs Berry était vraiment imparable, un vrai coup de maître. !

Je fis en sorte de rester impassible devant Elisabeth. Ses joues légèrement empourprée m’indiquaient que de se dénuder aussi prestement sur cette plage lui procurait une émotion réelle qui faisait pétiller ses yeux. Je fis une prière silencieuse pour elle, je craignais pour son innocence. Elle m’avait parfois surprise par certaines idées lestes dans l’alcôve, il y avait en elle quelques graines de luxure que je me devais de l’aider à combattre, mais elle n’avait jusqu’ici rien fait qui alla autant à l’encontre de mes principes moraux. Indifférente à mes états d’âme, elle émit un petit rire d’excitation et se dirigea vers l’océan à petits pas pressés.

– Je ne savais pas… pour Elisabeth, balbutia Mina en se tournant vers moi. Elle semblait choquée de la tournure des événements. Je la gratifiais d’un sourire rassurant. Elle me quitta aussitôt pour aller se baigner.

J’étais nu moi aussi et je restai un moment allongé sur ma serviette, à la fois pour digérer ce nouvel état qui mettait à mal ma pudeur, mais aussi pour observer tranquillement et à distance la scène qui se déroulait quelques mètres plus bas. James rigolait dans les vagues, il nageait au large quand Lizbeth était entrée dans l’eau et n’avait donc pas pu la voir. Pas encore. Il arrosa Mina puis Elisabeth qui répliqua en l’arrosant aussi.

-Amuse-toi, mon pépère, me disais-je, réjouis-toi ! Repais-toi de sa poitrine rebondie ! Rince toi l’œil, tu n’es pas au bout de tes surprises…

Je m’imaginais à l’avance la tête qu’il ferait quand il la contemplerait dans son nu intégral. Pour le moment, la mer lui cachait le principal, Elisabeth avait de l’eau jusqu’à la taille.

Ils restèrent ainsi à nager et à s’ébrouer pendant une dizaine de minutes, puis Elisabeth me fit signe :

-Tu ne viens pas ?

Je répondis que oui, me levai timidement et parcourut les quelques mètres qui me séparait d’eux en marchant d’un pas qui se voulait détendu. Je m’engouffrai plus rapidement qu’à l’accoutumée dans l’eau, comme si l’océan me faisait l’offrande d’une couverture rassurante.

James plaisanta avec moi, rien dans son attitude n’avait changé à notre égard, je le soupçonnais d’en faire un peu trop pour jouer la normalité.

Quoi qu’il en soit, à un moment il fallut bien sortir de l’eau. Elisabeth sortit la première et tandis que nous remontions jusqu’aux serviettes, James n’avait que la vision innocente de ses fesses sculpturales qui se balançaient devant nous. Je lui parlai pour maintenir son attention sur moi, toutefois l’œil a un champ de vision très élargi. Je vis moi aussi cette sorte de haie d’honneur qui nous fut faite, les hommes comme les femmes qui s’écartaient devant Elisabeth en marquant un Oh muet de surprise.

Elisabeth se sécha et me glissa à voix basse «  en fait, les regards sont assez désobligeants sur cette plage, je m’attendais à autre chose ». Je hochai la tête, compatissant. Pauvre enfant, si elle savait ce que tout le monde voyait…

Elle étendit ensuite sa serviette et s’allongea sur le dos. C’est alors que mon ami James en profita pour glisser un regard oblique et le résultat fut saisissant. Il sembla se décomposer sur place et comme piqué par une vision infernale, se hâta de détourner le regard pour l’y reposer aussitôt.

«  Et elle est montée comme un poney de cirque » ironisai-je par devers moi.

En tous cas après cela, il n’y revint plus.

Elisabeth se releva un peu plus tard et tenta une nouvelle incursion sur la plage, mais elle rebroussa chemin très vite, échaudée par les regards curieux dont elle faisait l’objet. Une personne l’avait même pointée du doigt.

-C’est très incommodant, lança-t-elle, elle entreprit aussitôt de passer un vêtement. Les naturistes ne sont en fait que des mateurs !

Elle adressait ce reproche à Mina, qui lui avait vanté auparavant l’absolue discrétion des nudistes entre eux.

-Tu aurais dû nous prévenir… intervint James

-Vous prévenir de quoi ? s’insurgea ma femme, dont le regard ne semblait pas voir l’infâme monstruosité qui pendouillait entre ses jambes.

Ce à quoi James n’osa rien répondre.

Finalement tout le monde se rhabilla et rentra à l’hôtel. Le lendemain, nous décidâmes d’un commun accord de nous baigner sur l’autre plage, en maillots.

Cette fois, Elisabeth fut plus à l’aise, bien que pour un œil averti, son bas de bikini présentait une forme bosselée qui ne lui était pas coutumière, mais enfin personne ne sembla s’en rendre compte à part moi, James et Mina.

Ce fut le seul et unique week-end que nous passâmes jamais à South Padre. De retour à la maison, Elisabeth me fit savoir qu’elle était très déçue et s’excusa même de m’avoir forcé la main pour m’embarquer dans cette aventure.

Je fus rassuré de la voir se livrer à des considérations plus raisonnables. Pour cette folie libertine, ce coup de sang exhibitionniste, j’étais prêt à passer l’éponge. Finalement, me dis-je, le prix demandé par les sœurs Berry était très honnête, il n’y avait pas besoin d’y revenir. De probes personnes et de doctes savantes que ces deux sorcières. On a parfois tôt fait de juger.

Notre amitié avec James se poursuivit au cours des années, sans que cet épisode ne l’obscurcisse. Mais de cela on ne reparla jamais, ni de naturisme ni de South Padre. D’ailleurs, il ne me vanta plus la beauté de ma femme. En fait, il ne remit jamais le sujet sur le tapis et je l’en remercie.

Je sentis bien que son regard avait changé sur moi, mais James n’aimait pas qu’on lui pose de questions et par cohérence n’en posait pas non plus.

Quelque temps plus tard, alors que nous avions notre discussion coutumière sur la foi, il me déclara :

– Une chose est sûre et je vous le reconnais, vous les Quakers, malgré les apparences et quoi qu’on en dise, vous êtes très ouverts d’esprits. Et en matière de tolérance, c’est vous qui avez des leçons à donner.

Pour une fois, je n’avais pas à lui vanter que nous étions les inventeurs de la pince à linge et de la scie circulaire, que nous étions les précurseurs de Greenpeace et d’Amnesty International, les faits parlaient pour moi. Je savais qu’il faisait référence à la vision insensée qu’il avait eue de la nudité d’Elisabeth.

– Oui, reprit-il en hochant la tête, un sacré modèle de tolérance, moi je vous le dis !

N.T.

Cet article a été publié dans Saison 3 (2017-2018). Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Week-end à South Padre

  1. guidru dit :

    Pour sûr qu’ils sont tolérants, ces quakers !
    Pour sûr aussi que tu sais nous entraîner dans ta narration, un vrai magicien !

    Aimé par 1 personne

  2. granmocassin dit :

    Merci Guidru! Pour tout te dire j’étais parti sur le thème du creux du mur, (le type secret comme un mur en pierre sèche) et j’ai bifurqué vers une autre proposition en cours de texte… J’adore quand ça fait tout à fait autre chose que ce que j’avais prévu au départ 😉

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    • guidru dit :

      De rien, Mon Grand Mocassin préféré !
      Avant que Notre Grand Maître ne le fasse, c’est le moment de faire référence à Borges et à son histoire d’île…

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